samedi 28 novembre 2009

L'appel pour les Régionales 2010

26 Eco-Régions pour construire l’avenir
Aux dernières élections européennes, les Françaises et les Français ont démontré qu’ils étaient prêts à répondre à la double urgence environnementale et sociale, et à s’engager dans la construction d’une autre société, écologique, apaisée et solidaire.
A présent, il s’agit de démontrer concrètement que la transformation écologique de la société n’est pas seulement nécessaire, mais possible. Il s’agit d’incarner l’espoir, en faisant de nos 26 régions autant de modèles d’éco-régions. Il s’agit d’inscrire durablement le progrès de l’humanité dans une trajectoire écologique, en rupture avec la course à la démesure et au profit qui conduit au déclin économique et à la régression sociale.
La crise économique mondiale n'est pas finie et les urgences sociales et écologiques demeurent.
Elles deviennent même chaque jour plus dures, plus évidentes. Il est impensable de les hiérarchiser ou de vouloir traiter les unes sans les autres. Sans attendre d’hypothétiques solutions venues d’en haut, le temps est venu de procéder à des révolutions par le bas, en inscrivant les choix d'avenir dans les territoires, là où les décisions politiques rencontrent la vie quotidienne et s'appliquent au plus près des préoccupations de chacun.
Les élections régionales de mars 2010 offrent une occasion de mettre en œuvre, à l'échelle de chaque bassin de vie, la nécessité de la transformation écologique de notre société. Transports, logement, formation et emploi, environnement, santé, culture, les conseils régionaux interviennent au cœur même de notre vie quotidienne, façonnent notre habitat, aménagent notre territoire. Les régions sont un espace privilégié d'initiative pour changer le monde et la vie. Suppléant, sans en avoir toujours les moyens, les carences d'un État centralisé souvent aveugle aux réalités locales, nos régions sont le lieu stratégique pour imaginer et mettre en œuvre de nouvelles politiques publiques de proximité et permettre de relocaliser l’économie.
Partout en France métropolitaine et en outremer de nouveaux espaces de vie, respectueux des singularités culturelles, peuvent surgir.
Depuis deux décennies la France est soumise à un processus de déménagement du territoire : dilution du lien social à mesure que recule le maillage des services publics, érosion de la biodiversité, saccage des paysages, infrastructures destructrices, désertification de territoires ruraux, de l'agriculture paysanne, planification urbaine inégalitaire et centrée sur l'automobile, mise en concurrence inégalitaire entre les territoires... En 2004, malgré la très large victoire de l'opposition et en dépit des efforts des élus écologistes, l'absence d'un projet fédérateur, de volonté commune et d'actions concertées, a conduit les baronnies locales à se contenter de gérer sans accompagner, sans anticiper sur l'avenir ni engager la transition vers un autre modèle de développement.
Cela doit changer, il est temps de réveiller nos régions ! C'est à leur échelle que peut s'affirmer la maîtrise d'un développement à visage humain. Elles en ont le pouvoir et les compétences dans les domaines essentiels comme l'économie, l'emploi, la formation, les transports, l'urbanisme, l'aménagement du territoire, la culture ou la solidarité. Ces éco-régions peuvent devenir des fers de lance pour imaginer et conduire concrètement de nouvelles politiques publiques d'intérêt général.
En réunissant des femmes et des hommes aux parcours divers et aux compétences reconnues dans un projet commun de changement social et écologique, le rassemblement Europe-Ecologie remet la politique au cœur de la cité.
Pour transformer les inquiétudes en espoir et traduire l’espoir en actions concrètes.
Inscrites dans l’esprit de rassemblement et d’innovation des élections européennes, les listes Europe-Ecologie se présentent en toute autonomie, pour convaincre les citoyens de la nécessité d'un vote écologiste d'ampleur qui permettra de construire dans chaque région des majorités déterminées à engager des changements radicaux. Enfin, les listes Europe-Ecologie porteront aux élections régionales de 2010 un message à la fois régional et européen, car chacune de nos régions s’inscrit dans un espace collectif politique plus large, celui de l’Europe.
La campagne des européennes 2009 et l’ampleur du succès d’Europe-Ecologie ont démontré avec force que le renouvellement de la vie politique française était déjà en marche. Face au libéralisme déshumanisant et à la droite décomplexée incarnée par Nicolas Sarkozy, portons ensemble un projet novateur et crédible pour une majorité de rupture et de refondation.
Un projet politique alternatif qui embrasse et réponde à la complexité des défis du XXIe siècle.
Un projet de civilisation.

mardi 24 novembre 2009

Des assises... qui en manquaient !

Des « Assises », par définition, devraient toujours avoir les bases les plus larges possible(s). Ce n'était pas le cas, hier soir, à Mirande, pour les « Assises des Territoires ruraux », présidés par Monsieur le Sous-préfet et Monsieur le Maire de Mirande. Certes, on remarquait un parterre impressionnant de maires ruraux et d'élus locaux, mais c'est en vain qu'on aurait pu chercher le citoyen-lambda de la ruralité gersoise. En vérité, il y en avait au moins quatre à ma connaissance, et pour cause, puisque c'étaient Fatma ADDA, Danielle ARRIEU, Marc GUAL et votre Serviteur, tous quatre, citoyens du tout-venant, bien esseulés pour faire entendre la voix du peuple et de l'écologie. Et d'ailleurs, certains intervenants ne se privèrent pas de faire remarquer le caractère étrangement confidentiel d'une telle initiative ministérielle.
Je ne me lancerai pas ici dans une analyse détaillée de tous les points évoqués. J'irai à l'essentiel et à ce que j'en ai retenu. Et déjà, la tâche me paraît bien lourde.
Nous étions tous les quatre comme quatre gouttes de bon sens écologique dans un océan de consensus productiviste. Difficile de prendre la parole pour contrecarrer, par exemple, ce PDG de Saint-Germé qui après avoir obtenu les autorisations, a « dénaturé » (c'est le cas de le dire, presque au sens propre !), 5 hectares de bonnes terres agricoles qui demain ou après demain seront abandonnées et livrées à la friche industrielle, parce qu'on aura trouvé à s'implanter ailleurs au motif que la rentabilité y est meilleure! Je me suis permis de rappeler l'exemple douloureux de GRUNDIG à Fleurance. Dans la salle : regards et murmures de réprobation ! Que dire en effet quand on vous oppose la pénurie d'emplois et le désir légitime des gens de vouloir vivre au pays ?
Finalement, le choix de cet intervenant industriel, invité sur l'estrade sans doute en raison de sa réussite provisoire, peut-il être interprété comme la volonté de construire un destin industriel au Gers. Combien de fois une telle expérience serait-elle reproductible sur notre espace départemental ? Que deviendront nos vallons d'oxygène ?
On peut d'autant plus se poser la question qu'au moment où allait se fermer la séquence consacrée aux « Activités économiques », les mots « agriculture, agriculteurs » n'avaient pas été prononcés une seule fois.
Mon intervention prolongea donc la séquence et le débat qu'on voulait sans doute esquiver, dérapa sur l'agriculture. Il est tout de même significatif que les deux syndicalistes agricoles présents allaient laisser clore la séquence sans évoquer les problèmes de leur propre secteur d'activité. L'un d'eux me dit même que ce n'était pas le débat ! Il me lança encore « Parce que si vous voulez parler de l'agriculture, on va en parler ! ». D'ailleurs, si l'agriculture n'était pas au débat, que faisait alors, aux côtés de M. le Sous-préfet, Monsieur le Conseiller général mais aussi président de la CACG et grand dispensateur de cette précieuse eau d'irrigation ? Un élu dans la salle fit remarquer au syndicaliste sus-dit, que « Tout de même l'agriculture était co-substantielle de la ruralité. » On pouvait donc en parler.
Je mis l'accent sur la disparition vertigineuse des exploitations agricoles : 13000 encore en 1992 (ce chiffre était déjà annoncé comme catastrophique) et moins de 5800, aujourd'hui. Je présentai les agriculteurs non comme les responsables d'un système mais comme les victimes sacrifiées de ce système.

Les maires ruraux, quant à eux, ne manquèrent pas d'intervenir pour signaler à juste titre leur inquiétude et même leur angoisse quant à la suppression annoncée de la taxe professionnelle. Tous souhaitèrent encore le maintien en milieu rural d'un service public digne de ce nom et, notamment, en matière de santé publique et d'éducation.
Tout le monde reconnut le travail accompli par les Corps de pompiers et aussi, la nécessité de maintenir les effectifs de gendarmerie même si le Gers ne connaît pas, comparativement, de véritables problèmes de sécurité. Comment ne pas adhérer à tous ces souhaits !
Enfin, Monsieur le Maire de Mirande se vit reprocher son initiative, plus ou moins pertinente, en tout cas discutable, de « Vigilance entre voisins ». Il se défendit en disant que c'était pour créer du lien social. On verra.
Toujours est-il que quelqu'un que je ne nommerai pas, ne manqua pas de faire allusion perfidement à « Cette frange marginale de la population... » (admirez la formule mais surtout le pléonasme !), ce qui suscita l'intervention cinglante de Fatma ADDA qui rappela certain fait-divers mirandais et le rôle de quelques jeunes gens de bonne famille. Il en est qui rentrèrent la tête dans les épaules !

Nous étions presque arrivés au terme de ces Assises sans que les mots « développement durable, contraintes environnementales, etc. » aient été prononcés, sans que le moindre souci de cet ordre se soit manifesté.
Tous les quatre, nous intervînmes de notre mieux mais sans prolongements, sans écho de quiconque dans l'assemblée.
Nous étions sur une autre planète où l'on raisonnait avec les vieux schémas des activités productivistes des années « soixante » comme si la France était seule maîtresse du jeu et de son devenir, comme si les citoyens n'étaient pas en train d'ouvrir les yeux et comprendre que ce que nous prédisions il y a trente ans, est, hélas, en train de se produire.
En conclusion, une belle Messe entre initiés où le jeune Sous-préfet ne put qu'enregistrer les doléances en promettant de les transmettre plus haut, à "qui-vous-savez".

Claude ARRIEU

jeudi 19 novembre 2009

Revue de Presse

Sud-Ouest - Jeudi 19 Novembre 2009

VIC-FEZENSAC.

Le film de Nicolas Hulot soulève le débat

MM. Onesta et Rui Santos Oliveira ont animé le débat.  (PHOTO Pierre DUPOUY)
MM. Onesta et Rui Santos Oliveira ont animé le débat. (PHOTO Pierre DUPOUY)

Ciné Vic et l'Office de tourisme ont projeté samedi le film réalisé par Nicolas Hulot, « Le Syndrome du Titanic ». Un débat sur le thème « solidarité conjuguée à l'écologie » a suivi la séance.

Gérard Onesta, ancien vice-président du Parlement européen, a mis en exergue l'origine des responsabilités : « Si on commence à distribuer les torts, il faudrait mettre en haut du tableau la classe politique, celle qui a la gestion de notre pays. Si elle avait eu le courage de ses opinions et de ses actes, nous n'en serions pas là aujourd'hui, a-t-il dénoncé. Elle lance des cris d'alarme parce que rien ne va plus, le responsable n'est pas forcément celui qui paie et on ose nous parler de développement durable. » Il a invité toutes les classes sociales à agir ensemble, avec civisme.

Rui Oliveira Santos, professeur d'économie à Lisbonne, a souligné, quant à lui, que les solutions passent par les hautes sphères du pouvoir politique, économique et scientifique et non chez le citoyen qui doit faire du covoiturage pour préserver les énergies.

lundi 16 novembre 2009

Revue de Presse

Sud-Ouest : Lundi 16 Novembre 2009


RÉGIONALES. Sur la liste d'Europe Écologie, Fatma Adda et Claude Gallardo pourraient être en première ligne...

Au printemps, les écologistes ne seront pas tout Verts

Gérard Onesta aux côtés de Fatma Adda et de Claude Gallardo. Ces deux derniers pourraient pour représenter le Gers. (Photo m. amat)
Gérard Onesta aux côtés de Fatma Adda et de Claude Gallardo. Ces deux derniers pourraient pour représenter le Gers. (Photo m. amat)

UMP et PS ne sont décidément pas seuls à se creuser la tête. Europe Écologie, devenue troisième force politique dans le département après son succès retentissant aux élections européennes (13,59 % de suffrages récoltés) en mars dernier, réfléchit tout aussi intensément à la constitution de ces listes, notamment dans le Gers.

Claude Gallardo, le revenant

Il n'est certes pas question d'alliance au sein du mouvement écologiste ce qui lui enlève une bonne épine du pied mais il y a l'ouverture, le « rassemblement »... « Nous avons vocation à nous élargir, a rappelé la tête de liste régionale Gérard Onesta, samedi, en conférence de presse à Auch. Un seul leitmotiv, nos candidats seront des personnes qui ont les capacités à gérer les affaires publiques. » Mais alors qui ?

Forcément, son arrivée à pas feutrés puis sa candidature officielle indiquent que Claude Gallardo, ancien maire et conseiller général de Fleurance, devrait logiquement se positionner dans les premières places sur la liste gersoise. Le docteur, qui n'a plus remis un pied à la mairie fleurantine depuis que Raymond Vall, son ancien adjoint, y a été élu, revient donc dans l'arène politique, après de nombreuses années de break.

L'apparenté à gauche pourrait du coup « livrer bataille » contre le camp de son propre frère Bernard, maire PS de Condom mais aussi celui de son ancien bras droit puisque les radicaux de gauche de Raymond Vall devraient faire bonne figure sur la liste socialiste...

« Je suis prêt, annonce simplement Claude Gallardo. Jusqu'à présent, je me refusais à intégrer un parti. Le PS, ça me dérangeait un petit peu. La droite ne m'intéressait pas du tout. Et les partis plus à gauche ne correspondaient pas à ma philosophie. Finalement, je me retrouve avec Europe Écologie. »

Il faudra, aussi, naturellement compter sur Fatma Adda, l'une des Vertes d'Europe Écologie qui fut candidate aux cantonales à Mirande. « Fatma est appelée à être visible sur cette liste », a martelé Gérard Onesta, samedi, après avoir assuré en préambule que l'on parlerait beaucoup de la Gersoise dans les mois à venir... La secrétaire départementale des Verts possède un soutien de poids et une expérience des joutes politiques.

Reste désormais à savoir qui ira en première position... Car les écologistes peuvent légitimement compter sur une place éligible. Deux, ce qu'ils espèrent, ce sera beaucoup plus dur...

Pour l'heure, une seule certitude : trois Verts et six « non-Verts » s'afficheront sur la liste qui sera en grande partie dévoilée dans une vingtaine de jours. Les discussions continuent. Samedi matin, encore, il en était question lors d'une réunion à Toulouse.

Auteur : JCharles Galiacy

dimanche 15 novembre 2009

L'écologie prend racine.

L'enquête VIAVOICE met en évidence des mutations profondes dans le peuple de gauche avec l'émergence d'une 5ème famille : l'Ecologie politique. Plus de 86% de sympathisants de gauche se déclarent proches des idées écologistes, contre 76% pour des idées socialistes.
Une enquête édifiante et pleine d'espoir pour l'Humanité!

Pour télécharger le sondage, cliquez ici.

Revue de Presse

Autour de Gérard Onesta,
plusieurs acteurs de la future campagne d'Europe Écologie dans le Gers.
(Photo michel amat)

Journal Sud-Ouest du 15 novembre 2009 : clic.

RÉGIONALES.

Europe Écologie, en précampagne hier dans le Gers, dévoilera ses candidats le 5 décembre

Les écologistes font leur tour de chauffe

« Vous avez aimé les européennes, vous adorerez les régionales ». Ce pourrait être un slogan, c'est en tout cas l'assurance de Gérard Onesta, en visite hier dans le Gers. Le chef de file d'Europe Écologie pour les régionales en Midi-Pyrénées espère bien surfer sur le succès du dernier scrutin continental, lors duquel son mouvement avait obtenu 16,18 % des suffrages au niveau national, 16,42 % au niveau régional et 13,59 % dans le Département.

Mouvement « bankable »

Ce n'est plus la même musique. Europe Écologie est devenu « bankable. » Un mouvement capable d'obtenir sans sourciller « un prêt de 500 000 euros pour la campagne auprès d'une banque » ou d'offrir un jeu de tarot, écologiste forcément, aux journalistes présents. « Pour la première fois, nous nous engageons dans une campagne des régionales non pas pour simplement témoigner mais pour gagner », rappelle Onesta.

Hier, d'Auch à Vic-Fezensac, où le « Syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot était projeté, les écologistes ont donc entamé leur « tour de chauffe. » La campagne officielle, elle, débutera le 5 décembre lorsque les candidats, dont les Gersois, seront en grande partie dévoilés.Alors qu'il planche sur son programme, le mouvement souhaite innover en proposant une nouvelle façon de gouverner les collectivités et en donnant la priorité à la création d'emplois de proximité et environnementaux. Dans la liste, il n'y aura « aucun cumulard », martèle le leader régional qui se veut « rassembleur. » Dans le Gers, trois Verts et six « non Verts » devraient se porter candidats.

Auteur : J.-C G.

La Dépêche du Midi du 15 novembre 2009

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mardi 10 novembre 2009

L'appel de Clermont par José BOVE

José sur le terrain : ici en discussion avec Simon, jeune agriculteur installé en bio.

L'UNION EUROPEENNE a décidé de modifier radicalement sa politique agricole en 2013 ouvrant ainsi une période de doutes. Les décisions qui seront prises auront un impact important pour l'emploi, les zones rurales, l'environnement ainsi que pour d'autres secteurs économiques comme le tourisme. Le tournant pris en 1992 a été funeste. La Commission européenne a transformé l'agriculture en monnaie d'échange pour obtenir des concessions pour l'industrie européenne et surtout pour les services comme les banques, les transports, les télécommunications, les assurances, la distribution ou le tourisme. Cette décision a engendré la perte de centaines de milliers d'emplois agricoles et a provoqué une crise sociale grave.
Incapable de voir la réalité de la crise financière et économique, enfermée dans une idéologie dépassée, la Commission européenne, avec la complicité des États membres et en particulier de la France, libéralise le marché du lait. La dégringolade des prix payés aux producteurs a été telle que des dizaines de milliers de paysans ne peuvent plus vivre de leur activité. Sur chaque litre produit ils perdent jusqu'à 10 cents d'euros ! Du sud-ouest de la France, à la Tchéquie, de la Wallonie au sud de l'Allemagne des millions de litres ont été jetés dans les champs pour réveiller les politiques. La réponse de l'Europe et de la France est pitoyable. Se gardant bien de trouver une solution sur le long terme, les aides annoncées par M. Sarkozy (prêts bonifiés, avances de trésoreries, reports de charge sociales) ne répondent pas à la revendication centrale : une rémunération juste et équitable à la hauteur du travail des paysannes et des paysans. La grève du lait n'aura-t-elle donc servi à rien ? Elle aura en tout cas permis aux multinationales qui voyaient les factures impayées s'accumuler chez les éleveurs de récupérer leur argent. Les profits de ces entreprises sont sauvés !
La PAC est devenue folle. Pour autant faut-il se débarrasser de la seule véritable politique européenne ? Plus que jamais l'Europe doit conserver et renforcer cette volonté de construire un avenir agricole commun à tous ses états membres et à toutes ses régions. L'objectif central de cette réforme est de nourrir nos concitoyens avec des produits de qualité sur le long terme. Pour plus de 20 millions d'européens la question de savoir ce que l'on va manger à sa faim reste une réalité. Les statistiques fiables en ce domaine ne sont pas légion et la FAO lorsqu'elle publie des chiffres de la faim dans le monde se garde bien de mettre son nez dans les affaires internes des puissants.
Les décisions prises à Bruxelles ne doivent pas découler des obligations prises à l'OMC. Une rupture à ce niveau est donc indispensable et urgente. En rééquilibrant ses productions entre les céréales et les protéagineux comme le soja, l'agriculture européenne assurera son autonomie et arrêtera d'être une nuisance sur les marchés internationaux. Les régions ont un rôle à jouer. Elles doivent appuyer concrètement les éleveurs de leurs départements pour renforcer l'autonomie des fermes. Cette liaison entre l'élevage et les cultures est indispensable pour redonner une cohérence agronomique à notre production alimentaire. Cela renforcera l'autonomie des éleveurs en réduisant leur vulnérabilité quand les cours des matières premières s'envolent sur les marchés mondiaux.
La demande des consommateurs pour des produits issus de l'agriculture biologique est en croissance constante. L'Europe doit répondre à cette attente. Pour convertir dans un premier temps 25 % de notre production, il est nécessaire de réformer en profondeur la recherche agronomique. Elle était centrée depuis sa création sur le développement de l'agriculture industrielle. Elle s'est focalisée ces dernières quinze dernières années sur les biotechnologies, les OGM, refusés par une majorité des citoyens et des états membres et qui doivent être interdits tant au niveau de nos cultures que de nos importations. L'agriculture biologique moderne ne signifie pas un retour à des techniques ancestrales mais une nouvelle coopération entre les paysans et les chercheurs puis très rapidement être diffuser dans l'enseignement professionnel. Le rôle des paysans dans la préservation des semences végétales et des espèces animales doit être reconnu, ce qu'admet maintenant la FAO. Ce développement de l'agriculture biologique doit se réaliser sans diminuer les exigences sociales et environnementales. Il peut se faire à budget constant. Il s'agit juste de changer profondément le mode de distribution des subventions qui aujourd'hui bénéficient à l'agriculture industrielle et productiviste.
En 1962, la première politique agricole commune promettait aux paysans des revenus décents, équivalents à ceux des autres secteurs économiques. Aujourd'hui nous sommes loin du compte. Les agrculteurs et les éleveurs en faillite se comptent par centaine de milliers dans les états membres. Plus de trois millions d'emplois sont en jeu. La crise sociale est profonde et violente. La réorganisation de la PAC doit nous mener à la souveraineté alimentaire en relocalisant les productions dont nous avons besoin sur l'ensemble des territoires. Pour y parvenir, l'Europe doit veiller à un équilibre interne entre l'offre et la demande. Les nouvelles organisations communes de marché nécessaires garantiront un prix plancher couvrant les coûts de production et offrant une rémunération correcte aux producteurs. La production devra être correctement répartie entre les pays de l'Union, entre les régions et entre les paysans. Aujourd'hui, certains pays membres de l'Est de l'Europe sont contraints d'importer de grandes quantités alimentaires pour couvrir leurs besoins. La situation actuelle est source de tensions et d'injustices. Certaines régions devront par conséquent désintensifier leurs production hors-sols, ce qui aura des conséquences bénéfiques sur le moyen terme, comme pour la qualité de l'eau et les pollutions des algues, comme vient de le reconnaître par exemple un rapport du Préfet des Côtes d'Armor. Les associations environnementalistes du Danemark et des Pays-Bas sont également conscientes de l'absolue nécessité de cette désintensification.
L'urgence climatique concerne également fortement l'agriculture qui est responsable de près de 20% des émissions de gaz à effet de serre. La séparation entre élevages et cultures a induit une utilisation irresponsable d'engrais chimiques dérivés d'énergies fossiles comme le pétrole qui produisent un des gaz les plus nocifs, le dioxyde d'azote. Une calorie alimentaire de tomate produite hors-sol engloutit 500 calories fossiles. Quelle civilisation peut continuer dans cette direction ?